Connaissez-vous cette technique ancestrale kabyle?
Depuis des siècles, les peuples méditerranéens développent des pratiques agricoles ingénieuses pour préserver l’eau et assurer la croissance de leurs cultures en conditions arides. Dans les régions arides de la Kabylie et plus largement du bassin méditerranéen, l’agriculture repose sur des savoir-faire ancestraux adaptés aux conditions climatiques difficiles.
Une agriculture méditerranéenne façonnée par le climat
Depuis des siècles, les agriculteurs kabyles ont développé des stratégies ingénieuses pour cultiver l’olivier (Olea europaea), un arbre emblématique de la Méditerranée. Parmi ces pratiques, l’utilisation du figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica), localement appelé arkermus, se distingue par son efficacité pour retenir l’humidité et assurer la survie des jeunes plants en conditions sèches.
Une technique d’hydratation naturelle des oliviers
Lors de la plantation des oliviers dans les zones arides, les agriculteurs kabyles enterrent des feuilles de figuier de Barbarie à environ 50 cm de profondeur sous les jeunes plants. Ces feuilles charnues renferment un mucilage – une substance visqueuse capable d’absorber et de retenir l’eau. En se décomposant lentement, elles libèrent progressivement l’humidité, créant ainsi une réserve d’eau naturelle qui réduit le stress hydrique de l’arbre et favorise son enracinement. Cette technique permet aux oliviers de bénéficier d’un apport en eau jusqu’à trois ans après la plantation.
Les avantages de cette méthode ancestrale
Amélioration de la rétention d’eau : le mucilage contenu dans les feuilles stocke l’humidité et la restitue progressivement aux racines.
Durabilité : cette réserve d’eau permet aux jeunes arbres de survivre plusieurs années sans irrigation supplémentaire.
Écologique et économique : cette technique utilise une ressource naturelle et abondante, sans nécessiter d’équipement coûteux.
Adaptabilité : bien que principalement utilisée pour l’olivier, cette méthode peut être appliquée à d’autres arbres fruitiers ou espèces adaptées aux climats secs.
Une pratique traditionnelle à redécouvrir
Aujourd’hui, face au changement climatique et à l’aridification des sols, cette technique kabyle mérite d’être redécouverte et intégrée aux pratiques agricoles modernes. Elle s’inscrit dans une logique d’agriculture durable et résiliente, en valorisant les ressources locales pour optimiser la gestion de l’eau. Inspirée par des siècles d’expérience méditerranéenne, cette approche prouve une fois de plus que les savoirs traditionnels offrent des solutions concrètes aux défis environnementaux actuels.